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Zéro alcool pendant la grossesse : justifié !

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Interview de Corinne Chanal, Sage-femme
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Interview de Corinne Chanal, Sage-femme
8 Décembre 2016
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« Vous buvez un peu, il boit beaucoup », tel est le slogan de la campagne de prévention lancée en septembre 2016 par Santé publique France. Le but ? Alerter sur les risques de la consommation d'alcool pour le futur bébé, notamment le syndrome d'alcoolisation fœtale. Corinne Chanal est sage-femme. Elle nous en dit plus sur les effets néfastes de l'alcool pendant la grossesse.

Quels risques pour bébé ?

S’accorder un petit verre de temps en temps quand on attend un bébé, c’est possible ? La réponse est non ! Consommer de l’alcool en étant enceinte, même occasionnellement, n’est pas anodin. Selon une enquête* de Santé publique France, seulement 25 % des Français assurent que la consommation d'alcool pendant la grossesse comprend un risque pour le bébé. En effet, la réalité est là : l’alcool passe dans le sang de la maman, puis dans celui du bébé au travers du placenta. « L’alcool reste plus longtemps chez le bébé et met plus de temps à être éliminé car il ne peut pas être assimilé, son foie étant encore immature » explique Corinne Chanal, sage-femme.

 

Surtout, « l’alcool est dangereux dès le début de la grossesse et pendant toute sa durée, quelle que soit la quantité, car tous les organes qui sont en développement peuvent être touchés. C’est pour cela que l’on recommande d’arrêter lorsque l’on a le projet de faire un bébé » insiste la sage-femme. Nombreuses sont les femmes qui arrêtent de boire seulement lorsqu’elles apprennent qu’elles sont enceintes, soit après avoir constaté une absence de règles de 6 à 7 semaines. Même si les risques pour le bébé augmentent avec la quantité d’alcool ingérée, les dangers d’une consommation, même modérée, sont bien réels... Ne croyez pas non plus que l’on puisse s’accorder certains alcools plus que d’autres. Ils sont tous aussi dangereux pour le fœtus. Une bière, par exemple, ne sera pas moins nocive qu’un verre de mojito... 

 

Et les risques peuvent être variés : fausse couche, accouchement prématuré, problème de développement des organes (cerveau, cœur…), retard physique ou mental, troubles du comportement que l’on ne verra que plus tard, sans oublier le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), plus rare, mais qui entraîne un retard de croissance, des malformations, des atteintes cérébrales et des anomalies faciales.

 

Zéro risque = zéro alcool

Fixer la quantité d'alcool qui serait sans risque pour l'enfant à naître est difficile à définir, et même les consommations légères et ponctuelles seraient nocives. Le message est donc clair, non pas pour faire culpabiliser, mais pour que la prise de conscience se fasse auprès des futurs parents et notamment des mamans. « Si vous ne voulez prendre aucun risque pour votre enfant, le conseil est de s’abstenir totalement de consommer de l’alcool pendant la grossesse. S’il y a un problème par la suite, la culpabilité est alors bien trop importante et les conséquences irréversibles » poursuit-elle. Depuis une dizaine d’années, les futures mamans semblent heureusement être mieux informées. « En revanche, il y a une tendance à banaliser les petites consommations ainsi que celles des premières semaines de grossesse. Il faudrait changer son comportement et arrêter de boire avant même la conception » poursuit Corinne Chanal. N’hésitez pas à poser des questions à votre sage-femme, gynécologue ou médecin qui suit votre grossesse !

 

Nos conseils pour trinquer sans alcool !

Le plus dur, c’est lorsque l’entourage boit, notamment lors des fêtes. Expliquez que vous avez besoin de soutien, que vous avez décidé de ne pas boire d’alcool pendant ces 9 mois pour le bien de votre bébé et qu’il est donc inutile de vous proposer « même un petit verre ». Essayez d’anticiper vos sorties et prévoyez vos boissons : cocktail maison, smoothie onctueux, jus de pomme pétillant pour faire comme ci, etc. L’occasion de tester de nouvelles saveurs ! Enfin, ayez toujours une bouteille d’eau à portée de main et suivez les conseils de La Souris Coquette ici.

 

Si jamais cette abstinence totale semble trop difficile, peut-être faut-il songer à trouver une écoute extérieure ? C’est le rôle des addictologues qui peuvent vous aider avec bienveillance et sans aucun jugement. Renseignez-vous auprès de la maternité où vous allez accoucher. L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) saura également vous renseigner pour trouver une personne compétente près de chez vous. Il existe de nombreuses structures adaptées pour trouver l’écoute dont vous avez besoin pour le bien-être de votre bébé, et aussi le vôtre. Car quel que soit le moment où vous arrêtez, il y aura toujours un bénéfice…

 

* Étude réalisée du 25 au 27 juin 2015 par BVA pour Santé publique France.

 

Corinne Chanal est sage-femme référente « grossesse et addiction » au CHU de Montpellier et présidente du groupe d’études grossesse et addictions. Elle travaille aussi au réseau périnatal « Naître et grandir en Languedoc-Roussillon ».

 

Lisez aussi notre article « Enceinte, comment décrocher de la cigarette ».

 

Paroles de blogueurs

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